En Israël, des juifs pratiquants tentent de concilier religion et transidentité

Publié le 24/02/2023
SSF - AFP


Yael Rashlin, une femme juive transgenre pratiquante, s'est découvert la tête afin de prendre ses distances avec une communauté orthodoxe qui, selon elle, "ne veut pas de nous". Le résultat des dernières élections, qui a conduit à l'entrée au parlement israélien de personnalités religieuses et de droite connues pour leurs positions anti-LGBT+, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

La législation israélienne est avancée en matière de protection des droits des LGBT+, mais dans le judaïsme orthodoxe, majoritaire en Israël, le rejet de toute forme d'homosexualité n'a commencé à faiblir qu'au cours de la dernière décennie. Cela a conduit à un conflit entre le fait d'être un couple LGBT+ et l'appartenance à la communauté orthodoxe, avec un retour de bâton lorsqu'ils se sont couverts la tête et ont marché dans la rue en se tenant la main.

Selon une étude du ministère israélien de la santé, 40 % des personnes transgenres interrogées avaient fait une tentative de suicide. Benny Lau, rabbin orthodoxe défenseur d'une orthodoxie ouverte sur le monde, a accompagné des hommes et des femmes, des homosexuels et des pratiquants. Pour lui, aider quelqu'un à sortir du placard est un commandement, pas une transgression. La violence de certains rabbins sur le sujet du transgenre vient d'une guerre contre la modernité et non de la halacha. Avi Maoz et Bezalel Smotrich ont pris publiquement des positions anti-LGBT+ très violentes, faisant craindre à Shani Armon, une femme transgenre orthodoxe, une diminution des budgets des centres de soutien LGBT+. Yael Rashlin n'a pas exclu de quitter Israël si la situation devient vraiment impossible.