Technologie et Mortalité : L'intelligence artificielle capable de prévoir le destin humain crée des remous dans la presse internationale

Publié le 24/01/2024
via Courrier International


La question de savoir si l'on désirerait connaître le moment de sa propre mort a toujours intrigué. Cette interrogation a pris une tournure nouvelle avec la publication en décembre d'une étude menée par des chercheurs danois et américains. Leur article, intitulé "Utilisation de séquences d’événements de vie pour prédire les vies humaines", a suscité une onde de choc dans les médias mondiaux, rappelant à certains la fameuse question shakespearienne "Être ou ne pas être".

Fin décembre, de nombreux médias internationaux, tels que le New York Post et le Daily Mail, ont fait écho à cette découverte, la baptisant la "calculette de la mort". Selon USA Today, les scientifiques ont développé un modèle d'intelligence artificielle, surnommé "Life2vec", qui analyse diverses données - âge, santé, éducation, situation professionnelle, revenus, entre autres - de plus de 6 millions de Danois.

L'efficacité de ce modèle est étonnante : il a prédit correctement 78% des décès survenus jusqu'en 2020. Sune Lehmann, professeur à l'université technique du Danemark, souligne que l'analyse de la vie humaine, vue comme une longue suite d'événements, permet ces prédictions. En plus de prédire la mort, le modèle a également anticipé d'autres aspects de la vie, comme des décisions de déménagement à l'étranger.

Toutefois, la question de la confidentialité des données reste préoccupante. Lehmann assure que les prédictions individuelles n'ont pas été communiquées aux personnes concernées. Les scientifiques insistent sur la protection des données personnelles, notamment en vertu des lois danoises sur la vie privée, qui interdisent l'utilisation de ces données pour des décisions individuelles telles que l'élaboration de polices d'assurance ou des décisions d'embauche.

Les concepteurs de "Life2vec" envisagent ce modèle davantage comme un point de départ pour débattre des applications de l'IA. Le Washington Post, quant à lui, y voit une remise en question de l'argument selon lequel les êtres humains seraient trop uniques pour être réduits à des modèles prédictifs. Ces résultats démontrent, selon le journal, que nos actions, et donc notre mort, sont prévisibles car répétitives.”