Synodalité et statu quo : les défis de l'Église catholique face à la réforme

Publié le 30/01/2024
Soubha Info


Le Synode sur la synodalité, initié par le pape François, n’a pas obtenu les résultats souhaités par de nombreux réformateurs au sein de l’Église catholique. Même si la décision d’autoriser les bénédictions pour les couples de même sexe n’a pas fait progresser cette pratique de manière significative, l’ordination de femmes comme diacres semble encore peu probable. Cependant, les organisateurs du synode affirment que le processus lui-même entraîne déjà des changements dans le catholicisme. Les participants au synode se sont engagés dans des discussions sur des sujets controversés tels que l'inclusion LGBTQ et l'ordination des femmes, mais le document final consistait principalement en des recommandations douces.

La prochaine session du synode, prévue en octobre 2024, vise à produire un document final avec des propositions plus précises. Ces propositions doivent trouver un équilibre entre démontrer l’efficacité de la synodalité et assurer aux traditionalistes qu’elle ne transforme pas le processus décisionnel de l’Église en démocratie. Les attentes suscitées par le processus incluent la possibilité de l'ordination des femmes, une participation plus large des laïcs et une plus grande inclusion des groupes marginalisés tels que les migrants et la communauté LGBTQ. Cependant, l’Instrumentum Laboris, le document issu du synode, n’a même pas mentionné le sujet LGBTQ par crainte de provoquer des divisions.

L'Église catholique traverse actuellement un processus de synodalité, qui cherche à impliquer davantage de voix et à favoriser un libre échange d'idées au sein de l'Église. Ce processus implique de multiples assemblées et discussions entre les membres du synode, notamment les évêques, les prêtres et les laïcs. La première assemblée, tenue l’automne dernier, portait sur le thème même de la synodalité. La deuxième assemblée, prévue en octobre 2023, aura pour thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ».

Une tâche cruciale dans ce processus est la création d'un Instrumentum Laboris, qui résumera les discussions et les délibérations des assemblées. Ce document devrait être publié entre juin et juillet 2023 et servira de point de départ à de nouvelles discussions et révisions. L’objectif est d’inclure autant de voix que possible et de garantir que le synode reflète les diverses perspectives au sein de l’Église.

Plusieurs défis doivent être relevés dans le processus de synodalité. L’un de ces défis est la nécessité d’avoir des théologiens et des canonistes présents dans la salle synodale pour répondre aux questions en temps réel. Cela facilitera une discussion plus éclairée et plus complète. De plus, les organisateurs du synode sont conscients de la nécessité de trouver un équilibre délicat entre le désir de réforme et les préoccupations des traditionalistes. Le synode doit démontrer l'efficacité d'un processus décisionnel plus inclusif tout en apaisant les craintes qu'il ne conduise à une approche démocratique allant à l'encontre de la structure hiérarchique de l'Église.