Démolition d'une mosquée en Inde du Nord : la communauté musulmane en deuil

Publié le 04/03/2024
Soubha Info


Dans la ville de Haldwani, située près de la frontière avec le Népal, la communauté musulmane est en deuil suite à la démolition d'une mosquée et de son école coranique par les autorités, affirmant que ces bâtiments occupaient illégalement un terrain appartenant au gouvernement. Cette action a entraîné des manifestations de la part des musulmans locaux, qui ont été violemment réprimées par la police, faisant plusieurs victimes.

Le 15 février, malgré la crainte d'une répression policière, des centaines d'hommes musulmans se sont rassemblés dans un vaste cimetière boisé pour la "Shab-e-Baraat", une nuit de pardon, pour prier pour les âmes de leurs proches disparus. Parmi les tombes, six nouvelles sépultures alignées, recouvertes de pétales de roses fraîches et de bâches noires, marquent les lieux de repos des hommes tués une semaine auparavant, lorsque la police a ouvert le feu sur les musulmans protestant contre la démolition.

Les tensions entre la communauté musulmane et les autorités ont été exacerbées par des politiques perçues comme anti-musulmanes sous le gouvernement actuel de Narendra Modi, qui a vu une augmentation des attaques contre les maisons et les lieux de culte musulmans depuis son arrivée au pouvoir en 2014. En 2022, un tribunal de l'Uttarakhand a ordonné la destruction de milliers de maisons, affirmant qu'elles empiétaient sur une ligne de chemin de fer. Le 8 février, la mosquée et l'école ont été rasées, entraînant des affrontements répétés avec la police.

Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de tensions communautaires en Inde, où les nationalistes hindous, depuis plusieurs années, ciblent de plus en plus les musulmans, entraînant une augmentation de la violence et des discriminations à leur encontre. Des incidents similaires ont été rapportés dans d'autres régions de l'Inde, comme dans l'État du Haryana au nord, où des affrontements communautaires ont également fait des victimes.

La communauté internationale et les groupes de défense des droits de l'homme expriment de plus en plus leur inquiétude face à la montée de la violence et de la discrimination à l'encontre des musulmans en Inde, soulignant une érosion de la démocratie et une polarisation croissante de la société indienne.