Inde : la loi CAA sur la citoyenneté entre en vigueur malgré les critiques de marginalisation des musulmans

Publié le 13/03/2024
Soubha Info


Le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi a activé la loi controversée sur la citoyenneté, connue sous l'acronyme CAA (Citizenship Amendment Act). Cette réforme, approuvée par le Parlement en 2019, facilite l'accès à la nationalité indienne pour les migrants hindous, sikhs, bouddhistes, jaïns, parsis ou chrétiens originaires du Pakistan, du Bangladesh et de l'Afghanistan entrés avant fin 2014, mais exclut explicitement les musulmans de ces trois pays.

La loi CAA est critiquée pour avoir introduit le critère religieux pour la citoyenneté indienne, considéré comme discriminatoire et contraire à la laïcité constitutionnelle. Son entrée en vigueur, quelques semaines avant les élections générales d'avril-mai, est perçue comme une manœuvre opportuniste du BJP pour en obtenir davantage.

L'application de cette loi a déclenché de nouvelles manifestations à travers l'Inde. Les critiques dénoncent le risque de marginalisation des 200 millions de musulmans indiens, troisième communauté mondiale, si la loi CAA est combinée à un projet de registre national des citoyens.

Selon un rapport d'Human Rights Watch, la police est restée passive face aux agressions de partisans du BJP contre les manifestants anti-CAA qualifiés de "traîtres" à abattre. En février 2020, plus de 50 personnes ont été tuées dans des affrontements intercommunautaires à Delhi.

Le gouvernement Modi rejette les accusations de discrimination, affirmant vouloir protéger les minorités religieuses persécutées dans les pays musulmans voisins. Cependant, les Nations Unies et de nombreux pays ont condamné cette loi comme discriminatoire.