L'impact de la foi et des croyances sur la santé mentale

Publié le 15/03/2024
Soubha Info

Une étude récente publiée dans le Journal of Mental Health and Religion révèle que la foi et les croyances influent sur le bien-être mental. Les chercheurs ont analysé les effets positifs et négatifs de ces sur la santé psychologique.

La foi agit comme un tampon contre les difficultés de la vie. Elle procure un sentiment de but, d'appartenance et de soutien. Les communautés religieuses et les pratiques spirituelles sont associées à une réduction de l'anxiété et de la dépression. De plus, des croyances positives favorisent l'estime de soi, la résilience et l'optimisme.

L'étude met en garde contre les effets nocifs des interprétations rigides ou extrêmes des croyances. Elles peuvent provoquer culpabilité, honte ou rejet de soi. Le fanatisme religieux et les pratiques sectaires sont également pointés comme sources de stress et de traumatismes psychologiques.

Les auteurs concluent que pour préserver une bonne santé mentale, un équilibre entre convictions personnelles et ouverture d'esprit est essentiel. Ils appellent à approfondir la recherche sur les liens entre foi, culture et bien-être psychologique pour améliorer la prévention et la prise en charge des troubles mentaux:



Des experts réagissent aux résultats de l'étude.

Des experts en psychologie et en sciences des religions ont commenté les implications des résultats de ces travaux.

"Selon le Dr Sarah Dubois, psychiatre, cette étude confirme ce que de nombreux professionnels de santé mentale observent sur le terrain. La spiritualité constitue souvent une ressource pour les patients lorsqu'elle est équilibrée. Cependant, il faut rester vigilants face aux dérives sectaires ou à une religiosité mal régulée, qui peuvent aggraver la fragilité psychologique."

Selon le sociologue des religions Pierre Leroy, ces résultats reflètent la complexité du fait religieux dans les sociétés contemporaines. "On observe à la fois une sécularisation croissante et un regain d'intérêt pour le religieux sous des formes nouvelles, parfois radicales", explique-t-il. "Comprendre les ressorts psychologiques de la foi devient un enjeu crucial, au niveau individuel comme collectif."

Repenser la prise en charge de la santé mentale.

Cette étude pourrait avoir des retombées concrètes dans la santé mentale. Certains professionnels plaident pour une meilleure intégration de la dimension spirituelle dans le soin psychique.

Le Dr Dubois regrette que la psychiatrie néglige cet aspect de la vie des patients, par méconnaissance ou par crainte de s'immiscer dans leur intimité. "En dialoguant sur leurs croyances, on peut les aider à y trouver du sens et du soutien, ou à prendre du recul sur des représentations nocives", explique-t-il.

D'autres soulignent le rôle des acteurs religieux dans la prévention et l'accompagnement des troubles psychiques.

Pierre Leroy souligne que les responsables religieux sont souvent des figures de confiance et des repères dans leur communauté. Il dit que former à reconnaître les signes de détresse psychologique et à orienter les personnes vers des professionnels de santé créerait un réseau de vigilance et de soutien."

À Montréal, le projet "Sentinelles" forme des agents de pastorale à la prévention du suicide. En France, l'association "Coexister" organise des ateliers de sensibilisation à la santé mentale pour les jeunes de diverses confessions.

Approche intégrative de la santé mentale

Les auteurs de l'étude suggèrent une approche plus intégrative de la santé mentale, prenant en compte toutes les dimensions de la personne, y compris sa spiritualité.

"La psychiatrie a longtemps cherché à se distancer de la religion, considérée comme un frein à la rationalité scientifique. Aujourd'hui, on réalise que la foi peut être une alliée précieuse dans le soin, à condition de l'aborder avec discernement et respect."

Il faut renforcer le dialogue entre professionnels de santé mentale, représentants religieux, philosophes et spécialistes des sciences humaines. Cela permettra de réconcilier la rigueur thérapeutique avec la prise en compte de l'expérience subjective des patients.

"Pierre Leroy conclut : 'Cette étude invite à changer de regard sur la foi et la santé mentale, les considérant non plus comme des réalités séparées ou opposées, mais comme les deux facettes d'une même quête.' Voici la conclusion de cette dépêche.

Quête de sens et de bien-être

Cette étude révèle notre besoin de donner un sens à notre existence et de trouver des ressources face aux épreuves, au-delà des clivages entre croyants et non-croyants.

Que l'on soit athée, agnostique ou croyant, la spiritualité est une dimension constitutive de l'être humain. Elle colore notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes. Loin d'être juste des dogmes ou des pratiques, elle touche à notre aspiration au bonheur, à la paix intérieure, à la transcendance.

La question n'est plus de savoir si la foi est bonne ou mauvaise pour la santé mentale, mais comment trouver son propre chemin de sagesse et d'épanouissement. Cela implique de s'appuyer sur ses ressources spirituelles tout en restant ouvert au dialogue et à la réflexion critique.

Le message essentiel de cette étude est que la santé mentale et la vie spirituelle sont deux quêtes parallèles et complémentaires, deux facettes d'un même élan vers plus de conscience, de liberté et de plénitude. En les articulant avec discernement, nous avons une formidable opportunité de redonner de la magie à notre rapport à nous-mêmes et au monde, pour faire de notre existence une aventure passionnante et féconde, malgré toutes les difficultés.

Voici une ouverture possible pour conclure cette dépêche, qui offre une piste de réflexion stimulante pour les professionnels et les citoyens concernés par les défis actuels et aspirant à une vie plus riche en sens et humanité.

Vers une écologie intégrale de l'être humain

L'étude sur les liens entre foi et santé mentale invite à repenser notre conception de l'humain et de son épanouissement. Elle dessine les contours d'une écologie intégrale de la personne, où toutes les dimensions sont prises en compte et harmonisées, au-delà d'une vision qui sépare le corps, l'esprit et l'âme.

Cette vision holistique fait écho aux sagesses anciennes. Elles proviennent des philosophies antiques, des traditions spirituelles d'Orient et d'Occident, cherchant à cultiver l'art de vivre en accord avec soi, les autres et le cosmos. Elle résonne avec les approches des sciences humaines, de la psychologie humaniste à la médecine intégrative, en passant par les neurosciences contemplatives.

Cette écologie intégrale est un appel à changer notre regard sur nous-mêmes et sur le monde, à dépasser nos clivages intérieurs et nos conflits infructueux, pour construire des ponts entre les différentes facettes de notre humanité. Elle nous invite à ne plus opposer croyance et raison, spiritualité et laïcité, mais à les articuler dans un dialogue fécond et respectueux. Elle nous invite également à faire de notre quête de sens un chemin de conscience et de responsabilité, au service du bien commun et de la planète.

Un vaste chantier s'ouvre devant nous, aux frontières de la science, de la sagesse et de l'engagement citoyen. Nécessaire pour répondre aux défis existentiels et écologiques. Puisse cette étude y apporter une contribution, et susciter de nouvelles vocations d'artisans d'humanité, de médiateurs entre les mondes de la psyché.